Qui sont les Vitiaz ?
Histoire de l’Association des Vitiaz
Objectifs et tâches de l’Association des Vitiaz

Qui sont les Vitiaz ?

 

Le nom « Vitiaz » trouve son origine dans la haute antiquité. Il signifiait, dans de nombreuses langues slaves, soit « preux », soit « vainqueur », soit encore « guerrier hardi » comme c’était le cas en Russie antique.

Mais il n’y avait pas que les preux légendaires et les guerriers courageux qui méritaient ce nom. Les Russes célèbres qui contribuèrent par leur force à la création de la structure d’un Etat russe chrétien méritent également d’être appelés Vitiaz. Comme exemple nous pouvons citer saint Vladimir, saint Alexandre Nevsky, saint Dimitri Donskoy, Ivan Soussanine et beaucoup d’autres. Il est donc compréhensible qu’une telle dénomination et que de tels exemples célèbres peuvent représenter véritablement un idéal pour la jeunesse russe.

Les Vitiaz, c’est un mouvement national et orthodoxe de la jeunesse russe qui aime d’un amour filial sa patrie russe qui souffre, et qui souhaite lui rendre son « apparence » authentique.
Les garçons et les jeunes gens sont appelés « Vitiaz », les filles et les jeunes filles – « Vojatye ».

Le fondateur de l'Association des Vitiaz: N.F. Fedorov (1895-1984)
Le fondateur de l’Association Nationale des Vitiaz consacra sa vie à l’éducation de la jeunesse dans l’esprit russe et national. Après avoir suivi des études à l’école de Gatchinsk, Nicolas Fedorovitch entre à l’Institut Technologique de St Petersbourg.

En 1919, il intègre comme volontaire l’armée du Nord-Ouest du général Youdenitch, participe au sein du régiment de Talabsky aux batailles contre les bolcheviks et accompagne l’armée durant tout son épineux chemin de retraite jusque l’Estonie.

En 1921, à Revel, Nicolas Fedorovitch intègre « l’union Chrétienne de la Jeunesse Russe » et en devient bientôt le président. L’emblème de cette union, suite à sa proposition, devient ce qui est jusqu’à présent le signe des Vitiaz : une croix blanche sur un fond bleu, encadrée d’un losange rouge, en mémoire de la croix blanche que portaient les volontaires du Mouvement Blanc sur leur manteau, sous un ruban tricolore. En 1923, l’union Chrétienne devient la branche russe de YMCA.

En 1926, sous la pression des Estoniens, la branche russe est dissoute et Nicolas Fedorovitch arrive en France, où il renouvelle ses activités toujours au sein du YMCA. En 1927, toute la branche est transférée au sein de l’Association Chrétienne des Etudiants Russes (ACER) et y est créée la première ‘division’ (drougine) des Vitiaz. Durant cette période, Nicolas Fedorovitch a élaboré les bases de ce nouveau mouvement de jeunesse et, en 1928, les premiers Vitiaz ont donné leur promesse solennelle.

En octobre 1934 les Vitiaz sortent de l’ACER et deviennent une organisation indépendante à la tête de laquelle Nicolas Fedorovitch resta jusqu’à la fin de sa vie. Il était l’incarnation vivante de la devise « pour la Russie, pour la Foi », et, par son exemple, son enthousiasme, il inspirait toutes les nouvelles générations de Vitiaz et de Vojatye.

Ce qu’il avait créé, et ce à quoi il donnait toutes ses forces, se transmettait de génération en génération; ce mouvement atteindra aussi la Russie actuelle.

 

Histoire des Vitiaz

 

Le travail de l’Association des Vitiaz commença à se développer largement en France, dans la région parisienne ainsi qu’en province, à Grenoble, Marseille, Cannes et Nice. Des ‘drougines’ ont commencé à fonctionner simultanément à Prague, Berlin, Riga et Sofia. Ce fut une période de développement intense du travail de l’Association des Vitiaz parmi la jeunesse russe, née en Russie et se souvenant en partie de leur patrie. Les camps d’été à Mandelieu-la-Napoule au bord de la mer Méditerranée, et à Laffrey dans les Alpes accueillaient de nombreux enfants et jeunes russes, et, durant les années précédant la guerre, quelque 2500 personnes passèrent par ces camps de vacances.

Avec la guerre arrivèrent des temps difficiles. En France, tous les Vitiaz en âge de se battre furent appelés à l’armée, où ils montrèrent vaillants durant les combats. Beaucoup périrent durant les combats ou dans les camps allemands. Beaucoup furent décorés. Durant la guerre, le travail se concentra à Paris et à Touri où,, situé à une centaine de kilomètres de Paris, les camps de vacances furent été organisés (1939-1940, 1943-1944, 1944-1945).

En cette période de privation et de bombardements de Paris, cela permit à de nombreux enfants de vivre et d’étudier dans des conditions normales. En dépit de difficultés, furent également organisés des camps d’été qui accueillirent plus de 600 personnes. A Paris, quatre ‘drougines’ étaient en activité, ainsi qu’une «  Ecole des Instructeurs  » (créée en 1943) qui prépara les cadres pour le futur travail de l’après-guerre.

Pendant ce temps, le Service de Travail Social accordait une aide constante et pleine de sacrifices (sous forme de colis, de lettres, de visites dans les hôpitaux) non seulement à ses prisonniers de guerre mais aussi aux Russes prisonniers des Allemands. Les activités de cette période permirent également de préserver la jeunesse Vitiaz de l’aventure anti-nationale et de la séduction d’une propagande mensongère, ainsi que de l’expédition vers des travaux forcés. Ainsi la jeunesse Vitiaz se montra pleine de sacrifices et très active, soudée par l’amitié et par l’aspiration unique de servir sa devise : « pour la Russie, pour la Foi ».

En mémoire des morts, une plaque de marbre fut posée dans la chapelle commémorative érigée près des tombes des soldats russes du corps d’expédition des années 1916-1918 à Mourmelon. La fin de la guerre fournit de nouvelles possibilités de développement de l’Association des Vitiaz. L’Union de la Jeunesse Vitiaz commença à travailler de façon régulière, organisa des spectacles et des congrès.

Le grand évènement de l’époque, en 1947, fut la célébration d’un office au congrès de Verrières par le métropolite Vladimir (diocèse de Constantinople) et de l’évêque Nathanael (diocèse hors-frontières).

Durant ces années se réunissait également l’instance législative suprême, le « Cercle Commun des Vitiaz », afin d’élaborer les Statuts. Ces réunions eurent lieu d’abord à Touri en 1945, puis au camp du nom de Souvorov à Laffrey en 1955 où furent adoptés les Statuts définitifs de l’Association des Vitiaz. La guerre finie, les centres Vitiaz dans les pays d’Europe de l’Est disparurent, mais de nouvelles ‘drougines’ firent leur apparition dans la province française, à Nice, Grenoble, Lyon, Troyes, Belfort et Forbach. En 1954 de nouveaux centres furent fondés au Maroc et en Argentine, en Belgique en 1958 et en Australie en 1959. Durant trois années le camp du nom de Souvorov accueillit des Vitiaz du Maroc puis de Belgique.

En 1955, fut peinte une icône en mémoire du tsarévitch Alexis Nicolaevitch et de tous les volontaires de l’Armée Blanche tombés sur les champs de bataille. Cette icône trouva sa place au monastère « de tous les saints de la Russie » de Mourmelon. Ce monastère devint un lieu très cher aux Vitiaz grâce à l’archimandrite Iov, chef spirituel des Vitiaz pendant 25 ans. Pendant longtemps des camps de printemps y furent organisés, Alexandre Soljenitsyn se rendit même à l’un d’eux. Chaque année les Vitiaz participent à un pèlerinage à Mourmelon pour se recueillir sur les tombes des soldats russes.

De plus des camps d’hiver sportifs furent régulièrement organisés, d’abord en Autriche puis en Suisse. Le camp d’été du nom de Souvorov s’équipa petit à petit, en 1961 une église y fut construite. A l’occasion du cinquantenaire de l’Association des Vitiaz et du camp, un congrès y réunit plus de trois cents personnes. Le camp fêta également solennellement le millénaire du baptême de la Russie et un monument y fut érigé à cette occasion. D’autres camps furent organisés, en Argentine (camp du nom d’Alexis à la Bolsa) et en Australie (camp du nom de Séraphin à Blakehits, dans les montagnes Bleues). Pendant un temps, le camp d’été du nom de Vladimir fut organisé en Belgique, mais il fut remplacé ces derniers temps par le camp d’hiver du nom de St Germain d’Alaska. Des milliers d’enfants, d’adolescents et de personnes russes furent accueillis dans ces camps, où leur était inculqué l’amour de la Russie et de son passé et où se renforçait leur foi dans son avenir.


 

Objectifs et tâches de l’Association des Vitiaz

 

L’objectif de l’Association des Vitiaz est d’éduquer des enfants et des adolescents russes avec la devise « pour la Russie, pour la Foi » afin de servir l’Eglise Orthodoxe et la Russie.
L’Association des Vitiaz est ouverte à toutes les personnes d’origine russe et leurs descendants et les appelle à préserver la culture russe, à développer la foi orthodoxe.

Activités de l’Association des Vitiaz
Les activités de l’Association des Vitiaz sont réalisées par l’étude du catéchèse et de la culture russe (la langue, la géographie, la littérature, l’art, la science etc.) L’Association des Vitiaz se doit d’enseigner la foi orthodoxe et la langue russe aux personnes d’origine russe et à leurs descendants, de diffuser les informations qu’elle reçoit sur la Russie moderne.

Appartenance à l’Association des Vitiaz
L’Association des Vitiaz est ouverte aux enfants, aux adolescents et aux adultes, russes ou d’origine russe, qui partagent les objectifs de l’association et qui essaient de les appliquer au quotidien.

Devise des Vitiaz
Pour la foi chrétienne et orthodoxe, qui est le fondement de la vie.
Pour la Russie, sainte, traditionnelle, nationale et grande, pour que la vie y soit fondée sur l’amour de son prochain et sur la vérité du Christ.

Saints Patrons de l’Association des Vitiaz
Les Saints Patrons des Vitiaz sont St Alexandre Nevsky et Ste Olga.

Adhésion à l’Association des Vitiaz
La demande d’adhésion à l’Association des Vitiaz doit être faite auprès du responsable de l’entité nationale (France, Belgique,…) avec l’accord d’un moniteur. A son tour, le responsable de l’entité nationale (okrug) demande au chef de l’Association des Vitiaz à ce que cette adhésion soit effectuée via l’ordre du jour de l’Association. Jusqu’à l’âge de 11 ans, ce sont les parents qui font la demande d’adhésion pour leur enfant. Les personnes qui participent aux activités de l’Association des Vitiaz mais qui ne sont pas membres de ces Associations sont appelés « candidats ».

Les jeunes gens adhèrent à l’Union de la Jeunesse Vitiaz.
Les adultes adhèrent à l’Union des Amis des Vitiaz.
Les adhérents sont considérés comme tels s’ils paient chaque année des cotisations. Si c’est le cas, ils reçoivent une carte d’adhérent.

Création d’un nouveau centre d’activités de l’Association des Vitiaz
Le travail de l’Association des Vitiaz est fondé sur l’éducation, l’enseignement culturel et les relations sociales. Il s’effectue indépendamment des partis et des courants politiques.
Les activités de l’Association des Vitiaz peuvent exister dans tous les pays à partir du moment où un groupe de personnes accepte les objectifs et les tâches de cette Association et les applique dans sa propre vie. Pour créer un nouveau centre d’activités, il est nécessaire d’adresser une demande au chef de l’Association qui, à son tour, en cas d’approbation, enverra toutes les informations nécessaires et attribuera les subventions correspondantes. Un tel centre d’activités s’appellera « district ».
Lorsque le travail atteindra des proportions plus importantes et si les personnes responsables sont en nombre suffisant, alors le « district » deviendra naturellement un « okrug ».

SCHEMA DE L’ORGANISATION DE L’ASSOCIATION DES VITIAZ:

Cercle Général de l’Association des Vitiaz : Organe législatif suprême, composé d’anciens Vitiaz et des Vojaty qui participent activement dans le travail de l’Association.
Centre : Organe suprême de gestion et de direction, chef de l’Association des Vitiaz, état-major et sections.

Organisation du travail
Le travail de l’Association des Vitiaz est dirigé vers les enfants et les jeunes russes, afin de leur inculquer le dévouement à la foi orthodoxe, l’amour pour la Russie et la loyauté vis-à-vis du pays dans lequel ils vivent.

Dans le cadre d’un okrug Vitiaz, sont organisés des réunions pour les enfants et les jeunes, des camps des vacances et d’autres activités sociales.
L’Association des Vitiaz tente de donner aux enfants qui lui sont confiés une éducation approfondie : sens des responsabilités, sens de l’amitié et de l’entraide. On explique aux enfants qu’ils ne vivent pas que pour soi mais qu’ils doivent également servir leur prochain.
Par ailleurs, les qualités physiques et morales sont aussi développées au moyen de jeux, de sports divers, de randonnées etc.

Les cadres de l'Association Moniteurs et Instructeurs
Afin de mener à bien ses activités, l’Association des Vitiaz dispose d’un ensemble de personnes responsables, prénommées Moniteurs et Instructeurs. L’éducation spirituelle est prise en charge par un prêtre, moniteur spirituel, invité par le chef de l’Association des Vitiaz. Le prêtre doit obligatoirement être membre de l’état-major de l’Association.

Le Moniteur est responsable des activités de l’Association des Vitiaz, soit dans un domaine particulier, soit dans une zone géographique particulière. Le Moniteur dirige et coordonne le travail qui lui est confié, en tenant compte des conditions et des exigences locales et est responsable de sa réussite idéologique, pédagogique et administrative.

L’Instructeur met immédiatement en pratique, dans sa vie, les tâches qui lui sont confiées par le Moniteur. Il est en contact permanent avec les enfants, ce qui signifie qu’il doit avoir des connaissances et des compétences pédagogiques.
Il partage les activités des enfants durant l’hiver et vit avec eux au camp d’été, en étant à la fois un éducateur amical et autoritaire.
Un Instructeur est formé à l’Ecole des Instructeurs, où sont admis les Vitiaz et les Vojaty ayant atteint l’âge de 16 ans.

Activités avec les enfants détachements et droujines
Les Vitiaz et Vojaty forment des petits groupes (10-15 personnes) appelés détachements. Plusieurs détachements (2-4) composent une droujine.
D’un point de vue pédagogique, chaque détachement doit être composé d’enfants d’un âge égal. Le détachement est dirigé par un chef de détachement. Il est aidé par les Vitiaz et les Vojaty qui se sont distingués par leur zèle, leur conduite exemplaire et leurs connaissances.